skip to Main Content

L’investigation des incendies de véhicules

Par : Martin Morissette, ing., CFEI, CVFI

Par une journée très froide de janvier, madame Sansouci gare son véhicule et le branche pour la nuit. Dans l’heure qui suit, un incendie prend naissance sur le véhicule. Pourtant, ce dernier avait fait l’objet d’un entretien quelques jours auparavant et aucun problème n’avait été constaté…

Pourquoi donc ce véhicule a-t-il pu prendre feu?

Chaque jour, des véhicules motorisés de tous genres prennent feu pour diverses raisons, telles que : une défaillance de nature mécanique ou électrique, une collision ou une intervention humaine. Tous ces scénarios pourraient être considérés, mais est-ce réellement possible lorsque le véhicule en question ressemble à un amas de ferraille?

Photographie 1

Dans certains cas, malgré l’apparence du véhicule, l’examen de ce dernier révélera la présence d’indices qui pourront mener à une cause probable de l’incendie et à un recours éventuel.

Les défaillances mécaniques et électriques sont probablement les causes d’incendie les plus fréquentes, et ce, peu importe l’âge du véhicule. Un incendie attribuable à ces défaillances peut survenir à tout moment, même lorsque le véhicule n’est pas en marche. Par exemple, un bris mécanique peut provoquer la fuite d’un liquide combustible et/ou inflammable dans le compartiment moteur (huile moteur, carburant, etc.).

Lorsque ce liquide entre en contact avec une surface chaude du moteur comme le collecteur d’échappement ou le turbocompresseur, il peut s’allumer. Ainsi, un bris se produisant en circulant avec le véhicule pourrait conduire à un début d’incendie dans les minutes suivant son arrêt.

Malgré que le véhicule ne soit pas utilisé, des circuits électriques demeurent sous tension. Ainsi, un composant électrique défectueux ou endommagé peut engendrer un court-circuit et surchauffer, ce qui pourrait provoquer un incendie. De plus, l’ajout d’accessoires tels qu’un chauffe-moteur électrique, peut également présenter un risque de défaillance, en raison d’une installation ou d’une utilisation inadéquate.

Dans le cas du véhicule de madame Sansouci, il faudra porter une attention particulière au chauffe‑moteur et à son câble électrique d’alimentation. La photographie 2 montre le modèle d’accessoire habituellement installé sur les automobiles de promenade. La photographie 3 montre le branchement typique d’un chauffe-moteur.

Photographie 2
Photographie 3

Un incendie résultant d’une intervention humaine, accidentelle ou intentionnelle, doit toujours être considéré comme un scénario possible. En effet, il peut arriver qu’une mauvaise réparation soit à l’origine de l’incendie. À l’occasion, un acte de vandalisme où les motifs peuvent être multiples, notamment le saccage, l’intimidation, ainsi que la destruction de preuves (autre crime), constitue une cause d’incendie de véhicules. Enfin, une situation plus fréquemment rencontrée est la tentative de réclamation frauduleuse auprès de l’assureur.

L’examen d’un tel véhicule par un ingénieur en génie mécanique spécialisé dans ce domaine (CVFI – Certified Vehicle Fire Investigator) pourra mettre en évidence des caractéristiques bien précises du mode de défaillance qui a conduit à l’allumage de l’incendie, et ce, parfois, malgré une destruction importante du véhicule. Ce processus s’applique tout aussi bien à la machinerie agricole, forestière et de construction.

À l’occasion, l’analyse peut être facilitée en raison de rappels connus sur certains véhicules, pour des problèmes pouvant mener à un incendie. L’expertise du véhicule pourrait donc permettre d’établir un lien entre l’incendie et ces rappels afin d’enclencher le processus de recouvrement.

Finalement, il est possible de faire une recherche de rappels sur le site de Transports Canada à l’adresse suivante :
http://wwwapps.tc.gc.ca/Saf-Sec-Sur/7/VRDB-BDRV/search-recherche/menu.aspx?lang=fra

Équipe d’experts CVFI d’Origin Enquêtes technico-légales inc.

Christian Giguère - Succ. Québec
René Chamberland - Succ. Québec
Martin Morissette - Succ. Montréal
Pierre Massicotte, consultant

Pierre Massicotte, agit comme employé consultant, mettant à profit son expérience de 51 ans comme ingénieur, dont 38 à titre d’ingénieur légiste.

Back To Top