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Les sinistres impliquant les systèmes de protection incendie

Par Philippe Bouchard, ing., CFEI, CVFI

Les systèmes de protection incendie lorsque conçus, installés, inspectés et entretenus adéquatement sont des équipements efficaces permettant de contrôler et de réduire les dommages par le feu. Cependant, la défaillance fortuite des systèmes en question résulte souvent en des dommages coûteux qui n’ont rien à voir avec le rôle prévu des équipements de protection incendie.

Les systèmes peuvent faire défaut de plusieurs façons, mais certaines situations se présentent plus souvent : il s’agit du bris de la tuyauterie par le gel et le déclenchement inattendu des gicleurs.

Photographie 1

Considérons d’abord le bris de la tuyauterie par le gel. Notons qu’il existe plusieurs types de systèmes d’extinction, mais deux types en particulier sont le plus souvent impliqués : les systèmes dits sous eau (wet pipe) et les systèmes à air (dry pipe). Ces deux systèmes possèdent une valve d’alarme en amont de laquelle il y a de l’eau. Cependant, en aval de la valve, la tuyauterie du système à air est remplie d’air, alors que la tuyauterie du système sous eau est maintenue sous pression par l’eau qu’elle contient.

Dans les deux types de systèmes, lorsqu’un incendie se déclare, les têtes d’extinction se déclenchent, ce qui provoque l’ouverture de la valve d’alarme. L’eau se rend aux gicleurs et un signal est généralement relayé à une centrale de surveillance.

Le système à air est utilisé dans les cas où la tuyauterie en aval de la valve d’alarme est installée dans des endroits où des conditions de gel peuvent survenir. Le système sous eau peut être installé où les conditions ambiantes demeurent au-dessus du point de congélation. Les deux systèmes peuvent faire l’objet de défaillances menant au bris de la tuyauterie et aux dommages consécutifs par l’eau.

Dans le cas du système à air, de l’eau peut anormalement se retrouver en aval de la valve d’alarme dans des endroits où les températures s’abaissent sous le point de congélation. Ceci arrive par exemple lorsque :

  • les accessoires de contrôle du système permettent à l’eau de fuir en aval de la valve d’alarme;
  • la tuyauterie est mal drainée suite à des essais de déclenchement;
  • les pentes de la tuyauterie empêchent le drainage adéquat de celle-ci.

Dans le cas du système sous eau, des incuries de construction ou un mauvais fonctionnement du système de ventilation menant à des infiltrations d’air froid peuvent occasionner le gel de la tuyauterie. Un défaut d’installation ou une contamination de l’eau peut aussi mener au bris de certains conduits.

Pour ce qui est maintenant des sinistres par suite du déclenchement fortuit des gicleurs, il faut savoir que deux types principaux de têtes d’extinction se retrouvent dans les édifices : les gicleurs à ampoule de verre comme mécanisme de déclenchement et ceux à élément fusible. Le premier type possède une ampoule contenant un fluide qui prendra de l’expansion et qui fera éclater l’ampoule sous l’effet de la chaleur. Le deuxième est muni d’un élément qui fondra lorsque soumis à une chaleur suffisamment élevée.

Photographie 2

Le déclenchement fortuit des gicleurs peut être le résultat de diverses situations, telles que :

  • le fluage (élongation graduelle) des matériaux composant l’élément fusible;
  • un défaut de fabrication du gicleur;
  • un cyclage thermique répétitif près de la température de déclenchement du gicleur (38 ˚C);
  • des impacts lors de travaux d’entretien/rénovation ou du simple usage des lieux;
  • l’utilisation d’un gicleur dont la température de déclenchement est inférieure aux conditions normales de l’environnement dans lequel il est installé.

En plus des sinistres reliés aux scénarios décrits ci-dessus, il existe de nombreux autres cas où les systèmes de protection incendie peuvent mener à des dommages coûteux pour les assureurs. Nos professionnels de l’investigation technique en génie mécanique ont le savoir nécessaire à l’analyse précise des causes des sinistres impliquant tout type d’équipement de protection incendie.

Philippe Bouchard, ing., NAFI-CFEI, CVFI

Philippe Bouchard, ing., NAFI-CFEI, CVFI
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