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Les risques d’incendie à l’approche de la belle saison

Par Catherine Dicaire, chimiste, NAFI-CFEI

Le printemps est à nos portes et nous voilà déjà prêts à profiter du beau temps et des terrasses.

Pour nous, experts en recherche de cause d’incendies, c’est la saison des feux extérieurs causés par les articles de fumeurs qui débute.

Chaque année, le ministère de la Sécurité publique recense environ 400 incendies liés à des articles de fumeurs. Ils sont responsables d’un décès sur sept et de millions de dollars en dommage direct 1.

Un mégot de cigarette qui entre en contact avec des matériaux combustibles, par exemple du papier, du carton, du tissu, certains plastiques, du paillis de bois ou certain terreau, peut amorcer une combustion en incandescence, aussi appelée un feu couvant.

Cette combustion lente ne produit pas de flammes et survient directement à la surface du matériau. Ce type de combustion est semblable au rougeoiement des braises de briquettes de charbon dans un barbecue. Elle peut générer très peu de fumée, voire pas du tout, et il s’agit d’un phénomène généralement assez lent. Il est possible que le matériau se consume entièrement.

De plus, si les conditions le permettent, il se peut que le feu couvant progresse jusqu’à l’apparition de flammes. Pour ce faire, l’article de fumeur doit entrer en contact avec le matériel combustible et ce dernier doit être positionné de façon à permettre une certaine accumulation de chaleur. Puis, un léger apport d’air, par exemple une brise ou le mouvement d’air d’un ventilateur, sera nécessaire pour faire apparaître des flammes, qui peuvent ensuite se propager à tout matériel combustible adjacent.

Le cas particulier du pot à fleurs mérite de plus amples explications. Le terreau contenu dans les bacs et les pots à fleurs contient de la matière organique en décomposition, dont le compost, l’écorce de bois, la mousse de tourbe, etc., sans compter l’ajout de fertilisant. Ces composés sont tous combustibles. Le mélange est donc somme toute assez poreux, permettant ainsi à l’oxygène composant l’air et à l’eau d’accéder plus facilement aux racines de la plante se trouvant dans le pot à fleurs. Lorsque le mélange est particulièrement sec, une combustion lente peut se développer dans les minutes suivant l’ajout d’un mégot de cigarette au terreau.

Cette combustion progressera lentement dans le matériel, créant un noircissement du terreau, jusqu’à le transformer en cendres grisâtres 2. À terme, cette combustion fera fondre le contenant, s’il est constitué de plastique, et mènera à l’allumage de celui-ci, puis des structures environnantes. L’allumage peut tout autant se produire si le terreau se trouve dans un bac à fleurs en bois.

Lorsqu’un incendie causé par un article de fumeur est suspecté, il est crucial de confirmer avec tous les fumeurs potentiels leurs habitudes de consommation, notamment en ce qui a trait à l’endroit où les dernières cigarettes ont été fumées, au moment où l’article de fumeur a été consommé, ainsi qu’au type de terreau et les dimensions du pot en question, si applicable. L’expert en recherche de cause d’incendies pourra ainsi analyser ces informations et confirmer ou infirmer la probabilité d’une telle hypothèse.

1 Ministère de la Sécurité publique. (s.d.). Les articles pour fumeurs : Fiche d’information en sécurité incendie, Récupéré sur Sécurité publique – Québec.

2 Fire Findings. (2009). Cigarette testing reveals dry potting soil, peat moss can be viable fuel sources, Fire Findings, vol. 17, no. 2.

Catherine Dicaire, chimiste, NAFI-CFEI

Catherine Dicaire, chimiste, NAFI-CFEI
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