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Le chauffage au bois sans embûches

Par Michel Pitre, ing., Génie électrique, IAAI-CFI

Le chauffage au bois est apprécié par les Québécois depuis nombre d’années, tant pour l’ambiance que pour le confort qu’il procure. À l’échelle provinciale, une maison sur cinq possède son installation de chauffage au bois. Ces installations peuvent toutefois comporter des risques d’incendie.

Selon la Sécurité publique, les feux de cheminée constitueraient 17,6 % de l’ensemble des incendies de bâtiment déclarés au ministère en 2015. L’installation ou l’utilisation inadéquate des appareils de chauffage au bois figurent aussi parmi les risques d’incendie.

Installation des appareils

Pour ce qui est des foyers et des cheminées en maçonnerie, c’est notamment le Code de construction du Québec (version québécoise adaptée du Code national du bâtiment du Canada) qui établit les critères pour une installation sécuritaire.

Quant à lui, le Code d’installation des appareils à combustibles solides et du matériel connexe (CAN/CSA-B365) énonce les exigences ayant trait à l’installation, à la modification et à l’entretien des appareils à combustibles solides, tels que les poêles et les foyers préfabriqués. Ce code indique que les appareils et les composants certifiés doivent être installés conformément aux instructions du fabricant. En cas de divergence avec le code, ce sont les instructions du fabricant qui priment.

Ainsi, dans le cas de l’installation des foyers préfabriqués certifiés, il est requis de toujours installer l’appareil en suivant les instructions décrites dans le manuel spécifique au foyer puisque chaque appareil possède ses particularités. Même la liste des cheminées préfabriquées approuvées sera indiquée dans le manuel du foyer.

Bref, aucune modification ne devrait être apportée à cette installation, à moins d’être spécifiquement indiquée dans le manuel du fabricant. Ce même code révèle que l’installateur a comme responsabilité d’expliquer à l’utilisateur ou au propriétaire comment faire fonctionner l’appareil et de s’assurer que les instructions du fabricant lui soient remises.

Appareil certifié

Utilisation des appareils

L’utilisation de bois de qualité et sec diminue la probabilité de formation de créosote (dépôt solide formé par la fumée résultant d’une combustion incomplète ou d’une mauvaise combustion du bois). L’inflammation de la créosote accumulée pourrait se traduire en feu de cheminée. Pour minimiser la formation de créosote, il est recommandé de laisser sécher le bois de chauffage pour une période d’un an dans un endroit protégé des intempéries. Il ne faut jamais brûler de déchets domestiques ni de rebuts de construction car l’appareil n’a pas été testé pour le fonctionnement avec de tels produits.

Les foyers préfabriqués doivent être utilisés avec leur porte complètement fermée, sauf à l’allumage, sinon la température durant leur fonctionnement risque d’être trop élevée. Certains appareils nécessitent un porte-bûches à l’intérieur de l’âtre alors que d’autres appareils ne requièrent pas ce composant. Il faut donc se référer au manuel du fabricant pour obtenir les directives d’utilisation. Par ailleurs, pour les appareils qui sont munis uniquement d’un pare-étincelles, le manuel du foyer en question précisera si l’installation de portes est permise, ainsi que le type de portes à installer, le cas échéant. En aucun cas il n’est permis d’utiliser un combustible tel que de l’essence ou du kérosène pour allumer des bûches ou ranimer un feu.

Quant aux bûches densifiées (écologiques), certaines d’entre elles ne comportent aucun additif et peuvent être utilisées dans un poêle ou un foyer. Toutefois, il faut se rappeler que la bûche densifiée a une capacité calorifique plus grande qu’une bûche de même volume. Ainsi, certains fabricants de foyers vont indiquer un nombre maximal de bûches à utiliser à chaque utilisation. Généralement, les bûches qui comportent des additifs ou des produits chimiques ne devraient pas être utilisées dans les appareils de chauffage.

Entretien des appareils de chauffage à combustibles solides

En ce qui concerne l’appareil lui-même, l’entretien par l’utilisateur se limite souvent à une inspection visuelle et, au besoin, à remplacer les pierres réfractaires lézardées, la vitre fissurée ou le joint d’étanchéité endommagé de la porte.

Pierres réfractaires absentes et fissurées

Quant au système d’évacuation, la créosote constitue l’ennemi numéro un. Elle s’agrippe aux parois intérieures du tuyau de raccordement et/ou de la cheminée et constitue un excellent combustible qui, une fois allumé, présente un risque élevé d’incendie. Malheureusement, l’utilisation des produits comme la bûche de ramonage ou les additifs chimiques ne remplace pas le ramonage.

Selon le Code National de Prévention des Incendies, le ramonage de la cheminée et du tuyau de raccordement doit être réalisé dès que les dépôts de créosote ou de suie sont supérieurs à 3 millimètres d’épaisseur. La Sécurité publique, quant à elle, conseille un ramonage annuel, ce qui constitue selon nous la pratique la plus répandue. Selon l’utilisation, plus d’un ramonage par année peut être nécessaire.

Exemple de créosote formée à l’intérieur d’une cheminée

À notre avis, un ramonage, en plus du brossage de la cheminée avec une brosse de grandeur adéquate, doit inclure la vérification de l’état du système de chauffage ainsi que le ramassage des résidus dans l’appareil.

De plus, les municipalités ont le pouvoir de réglementer le ramonage des cheminées sur leur territoire et d’exiger, par exemple, que les ramoneurs détiennent la certification de technicien en ramonage émise par l’Association des Professionnels du Chauffage (APC).

Cendres chaudes

Selon la Sécurité publique, il survient en moyenne 140 incendies annuellement en raison d’un entreposage inadéquat des cendres chaudes. Elles devraient être disposées dans un contenant métallique à fond surélevé muni d’un couvercle. Le contenant devrait être placé à l’extérieur du bâtiment sur une surface incombustible et à une distance minimale d’un mètre de toute matière combustible. On parle généralement d’un délai de trois à sept jours d’entreposage avant d’en disposer aux ordures.

Durant cette période, les cendres devraient être brassées, afin de s’assurer qu’elles sont complètement refroidies.

Conclusion

Les risques d’incendie en raison de l’utilisation d’un appareil de chauffage à combustibles solides sont réels. Dans le cas où vous suspecteriez que l’incendie puisse être attribuable à l’installation ou à l’utilisation inadéquate d’un tel appareil, nous espérons que les informations fournies dans cet article vous guideront dans le cadre de votre enquête.

N’hésitez pas à nous contacter pour discuter avec l’un de nos experts en recherche de cause d’incendie, lequel pourra vous assister de façon stratégique dans le règlement de votre dossier.

Michel Pitre, ing., Génie électrique, IAAI-CFI
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